« Lafourguette, en un mot ! », lance Alain Boubée, président de l’association des habitants de ce quartier du sud-ouest de Toulouse. Façon d’alerter sur l’importance de bien orthographier, mais aussi de ne pas confondre avec La Faourette, situé à quelques kilomètres de là, un peu plus au nord. Le Toulousain, qui habite ici depuis plus de 40 ans, a vu son évolution et regrette, aujourd’hui, son manque de popularité. « Notre quartier gagne à être connu, un quartier où il fait bon vivre », souligne-t-il aux côtés de Sonia et Ludovic, deux autres habitants et membres du comité de quartier, engagé pour renforcer l’attractivité de Lafourguette. Contactée par Actu Toulouse, Nina Ochoa, actuelle maire de quartier, partage cette observation. A six semaines du premier tour des élections municipales, les Toulousains espèrent du changement. Nouveaux commerces, mobilités, désertification médicale… Ils listent leurs demandes.
Focus sur un quartier méconnu
Les voies du périphérique viennent en marquer les limites. Lafourguette est desservie par l’A64 à l’est, et par l’A620 au nord ; sans oublier la route de Seysses, véritable pénétrante, très souvent embouteillée.
Passer l’heure de pointe, le quartier retrouve le charme d’un village avec ses « Toulousaines » typiques du XIXe siècle : des maisons de faubourg en briques et tuiles roses aux façades décorées par des antéfixes et oculus si reconnaissables. Plus à l’est, le parc de Gironis est le lieu de balade pour retrouver un peu de tranquillité.
Chaque village à son clocher. Sur la place du 8 Mai 1945 se dresse l’église Notre-Dame de Lafourguette habillée d’un portail en arc de triomphe. A l’arrière, le cimetière est à seulement quelques pas. Il faut ensuite remonter la route de Seysses pour découvrir la suite du cœur de ville, marqué par un lieu central, actuellement en pleins travaux : la place des Glières.

Là où la carte postale se ternit
Pour les habitants, c’est ici que la carte postale se ternit. Autour de la place, on retrouve un PMU, le bureau de Poste, une adresse de restauration rapide… Mais pas de commerces de première nécessité, à commencer par une boulangerie.
Mais ils se félicitent de pouvoir encore avoir une pharmacie en plein centre, car le quartier souffre de la désertification médicale, comme ailleurs dans la Ville rose où 100 000 habitants sont sans médecin traitant. « Nous n’avons plus qu’un seul médecin qui a plus de 70 ans », soulignent les habitants.
Par ailleurs, le marché de plein vent, qui prend place le samedi matin, n’accueille que deux commerçants. Ils ont vu des enseignes quitter le quartier (une boucherie, un restaurant…) pour laisser des locaux vides.
Afin de relancer une dynamique commerciale, ils comptent sur la rénovation de la place des Glières, qui doit montrer son nouveau visage en mars prochain. Un nouveau Carrefour City est également attendu en rez-de-chausée d’un nouvel immeuble en construction. Le commerce « devrait ouvrir cette année », avait détaillé Nina Ochoa.


